Réactions des blogueurs et des éditorialistes à la taxe TV
Depuis deux semaines, la question de la taxe sur la télévision suscite beaucoup d’intérêt sur le Web. Voici une petite sélection des articles que les radiodiffuseurs ne souhaitent pas que vous lisiez.
The Soo News déclare à ses lecteurs que les radiodiffuseurs ne leur disent pas tout :
Ils allèguent que, s’ils obtiennent le tarif de distribution, cela garantira la survie des stations de télévision locales. Le hic, c’est que la fermeture de stations locales remonte à bien avant la crise économique actuelle. De plus, les grands réseaux n’offrent aucune garantie que l’argent sera redirigé vers la programmation locale. Les câblodistributeurs estiment pour leur part que l’argent frais ne servira qu’à financer l’achat d’autres émissions de télé américaines, le pain et le beurre des réseaux de télévision canadiens depuis les années 1960.
Canadian, Eh! explique que la taxe sur la télévision n’est qu’une tentative par les radiodiffuseurs d’accroître leurs revenus, alors qu’ils ne se sont pas adaptés à l’évolution du contexte d’affaires :
L’objet de cette bataille est de savoir si les câblos doivent verser des redevances aux réseaux pour la diffusion des canaux de télévision locaux. (Ou quelque chose du genre!). Les câblos imposent des frais à leurs clients pour la réception de ces canaux dans le cadre de leur forfait de « base », ce qui est sensé. Ils doivent se servir de leur équipement, et l’entretenir au besoin, pour acheminer cette programmation aux consommateurs.
À mon avis, il s’agit de toute évidence d’une tentative par les réseaux d’accroître leurs revenus. Avec l’arrivée de nouvelles technologies – YouTube, Apple TV, iTunes, etc. – bien des gens ont trouvé d’autres façons de regarder leurs émissions de télévision préférées ainsi que des films, de sorte que les revenus publicitaires des réseaux ont chuté dramatiquement. Lents à se mettre à la page, les réseaux font face à un dilemme quant à la façon d’accroître leurs profits et de maintenir leur viabilité. S’il s’agissait d’un problème si grave, pourquoi les réseaux n’ont-ils pas réclamé l’imposition d’un tel tarif il y a plus de 40 ans, au tout début de la câblodistribution?
Source: http://livingincanada.wordpress.com/2009/10/14/the-big-debate-networks-v-cablesatellite/
Le blogueur Werner Patels fait valoir que, plutôt que de réclamer une taxe sur la télévision, les radiodiffuseurs devraient au contraire verser une redevance aux fournisseurs de télévision par câble et par satellite pour la distribution de leurs signaux à un plus vaste auditoire :
Les réseaux de télédiffusion canadiens – CBC, CTV, Global et CityTV – perdraient instantanément au moins de 70 à 85 % de leurs téléspectateurs si les câblodistributeurs les éliminaient de leur programmation. En d’autres mots, les entreprises de télévision par câble sont au cœur de l’infrastructure de transmission et de distribution des radiodiffuseurs. À l’exception des gens situés directement au-dessus ou au-dessous des tours de retransmission, la plupart des Canadiens n’auraient pas accès à leurs propres réseaux et à leur programmation nationale si ce n’était des câblodistributeurs, qui les rendent si facilement accessibles.
La perte de la câblodistribution de base entraînerait la mort subite de tous les radiodiffuseurs canadiens (y compris CBC). En fait, ce sont les radiodiffuseurs qui devraient verser des redevances aux câblodistributeurs, plutôt que le contraire, puisqu’aucun réseau canadien ne serait viable sans le câble.
Source : http://www.wernerpatels.com/2009/10/local-tvs-dirty-little-secret.html
Après avoir passé une soirée à regarder la programmation de CTV, un blogueur se demande quelle importance la télévision locale revêt vraiment pour CTV :
J’ai vu un message publicitaire sur les ondes de CTV, jeudi dernier, qui n’était rien d’autre qu’un vidéoclip (sur fond de musique country) racontant comment les grands câblodistributeurs allaient tuer la télévision locale et qui se terminait par un message nous enjoignant à tous de soutenir les stations de télé et les émissions locales. C’était assez efficace comme message. Ou plutôt, cela l’aurait été si l’on avait trouvé une meilleure heure de diffusion…
Voyez-vous, le message a été diffusé à 18 h 57. À 18 h 56, à la fin des nouvelles, la station a présenté l’ensemble de sa programmation pour la soirée de jeudi, qui ressemblait à ceci :
19 h – The Vampire Diaries
20 h – CSI
21 h – Grey’s Anatomy
22 h – The Mentalist
23 h – CTV National News
23 h 30 – CTV Local News
Minuit – The Daily Show with Jon Stewart
Minuit 30 – The Colbert ReportDe toutes ces émissions, seules les nouvelles locales étaient, eh bien… véritablement locales. Pendant la période de grande écoute, soit 360 minutes, une seule émission à vocation locale de 30 minutes était diffusée et 60 minutes étaient consacrées à un contenu canadien. L’autre émission qui comportait le plus de contenu local était « The Vampire Diaries », car l’épisode avait été tourné à Vancouver (renommée Atlanta).
C’est la façon de CTV de dire que, non seulement la télé locale ne compte pas vraiment, mais aussi que les « grands câblodistributeurs » sont beaucoup plus divertissants.Félicitations!
Monte Sonnenberg du Simcoe Reformer s’interroge également sur la bonne foi des radiodiffuseurs, en ajoutant qu’Ottawa ne devrait pas accepter une taxe sur la télévision, car ce ne serait rien d’autre qu’un cataplasme sur une jambe de bois :
Les grands radiodiffuseurs ne sont pas de bonne foi lorsqu’ils affirment que les fournisseurs de télévision par câble et par satellite gagnent assez d’argent pour absorber toute surtaxe. Ils doivent comprendre que, même si les Canadiens sont de grands consommateurs de télévision, cela ne signifie pas qu’ils sont dupes. Il faut ainsi se rappeler une chose : chaque sou prélevé à titre de tarif de distribution sera entièrement à la charge des abonnés. C’est comme cela que le monde des affaires fonctionne et, en vérité, c’est ce que les grands radiodiffuseurs proposent. Ottawa devrait-il accéder à leur demande? Nous pensons que non. L’arrivée de nouveaux médias et la fragmentation croissante de l’auditoire transforment le paysage de la radiodiffusion si rapidement que le modèle d’affaires des stations locales a irrémédiablement volé en éclats.
Source : http://www.simcoereformer.ca/ArticleDisplay.aspx?e=2126712
Mastermaq.ca partage ce sentiment, écrivant que la taxe sur la télévision :
… ne résoudra pas tous les problèmes financiers des [radiodiffuseurs]. Il s’agit tout au plus d’une solution temporaire. Ils ne cesseront pas pour autant de perdre de l’argent et des téléspectateurs. Ne serait-il pas temps de revoir notre stratégie? De concentrer nos efforts sur quelque chose de constructif?
Source : http://blog.mastermaq.ca/2009/10/08/local-tv-matters-vs-stop-the-tv-tax/
Enfin, Steve Faguy a exprimé sa frustration, la semaine dernière, face à la couverture par CTV de la conférence de presse des radiodiffuseurs et il estime que CTV doit des excuses à ses téléspectateurs :
Que vous soyez d’accord ou non avec la campagne de CTV, ou avec le tarif de distribution, ou encore que la télé locale est en difficulté, voire que les fournisseurs de télévision par câble et par satellite font trop d’argent, CTV News a le devoir de présenter un portrait juste de la situation à ses téléspectateurs, ce qu’elle évite intentionnellement de faire.
Et c’est ce type de télévision que vous voulez que nous préservions?
Source : http://blog.fagstein.com/2009/10/08/ctv-local-tv-press-conference/
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